Qu’est-ce qu’un podcast ?
Par l'entremise d'un abonnement aux flux Really Simple Syndication (RSS) ou Atom, le podcasting (ou baladodiffusion pour nos amis québécois) permet aux utilisateurs d'automatiser le téléchargement d'émissions audio ou vidéo, notamment pour leur baladeur numérique MP3, sur leur ordinateur personnel, pour une écoute immédiate ou ultérieure. Pour en savoir plus sur les podcasts ou balados, nous vous invitons à lire un très bon mode d’emploi concocté par Patrick et Daniel.
Good morning Azeroth !
Patrick, assistant réalisateur et fée du logis, est réputé pour son guacamole. Daniel, grand maître des ordinateurs se présente comme le plus trublion des deux compères : « Cela fait 15 ans qu’on se connaît. Je parle à Patrick dans l’émission comme on se parle dans la vie. L’intention au début était de faire de mon personnage l’élément comique, mais on a tous les deux des moments de délire et des moments plus sérieux. On a l’habitude de se chambrer. Le plus drôle c’est que c’est le jeu vidéo qui nous réunit. Notre rencontre s’est faite sur la sortie de la Super Nes. »
Mais comment leur est venue l’idée de créer leur propre podcast ? Patrick et Daniel écoutaient tous deux beaucoup de podcasts, américains pour la plupart, comme The instance ou Taverncast. « Je me suis aperçu qu’il n’existait rien de similaire sur WoW en France » précise Patrick. « J’ai pensé que cela manquait. L’idée au départ était une conversation entre potes, quatre ou cinq personnes qui se répondent sur un sujet précis. Finalement, on a revu le concept pour un duo d’animateurs ».
Le premier épisode est sorti le 7 septembre dernier. Au programme, beaucoup d’infos, Warcraft pour les nuls et un concours. « Nous voulions un truc informatif, agréable à écouter. Les petits sons rendent la chose plus distrayante. Dès le premier épisode, on a vraiment reçu énormément de commentaires positifs. Beaucoup m’ont proposé de l’aide. C’est très valorisant »
Fréquence interdite
orsqu’on leur demande pourquoi ils ont choisi d’utiliser leurs véritables prénoms plutôt que les noms de leurs personnages, Daniel nous avoue le sourire aux lèvres : « Pour ne pas me faire inonder de whisps ! Je suis mage et en tant que tel beaucoup me contactent déjà pour de l’eau ou pour une téléportation. Je ne voulais pas qu’on puisse me reconnaître. Malheureusement, quelqu’un m’a reconnu devant l’hôtel des ventes… à cause de ma robe rose (rires). » Dans une communauté comme World of Warcraft, c’est afficher sa véritable identité qui assure l’anonymat.
Patrick, de son côté, est moins pragmatique : « Nous avons décidé d’utiliser nos véritables identités d’une part pour une question de crédibilité et de maturité. On a discuté ensemble de la démarche. Je ne suis plus un gamer fou mais j’ai envie d’assumer mon statut de joueur. C’est un moyen de dire que les joueurs ne sont pas les caricatures qu’on a l’habitude de présenter, des lunetteux asexués, mais des gens comme les autres. D’autre part, je voulais que ce podcast soit une émission normale qui parle de World of Warcraft et non un truc de fan, avec une image plus professionnelle. Dans l’ensemble, les gens qui font des podcast sur WoW – principalement des américains à ma connaissance - ont gagné un peu plus de maturité. Au début, peu avaient d’expérience du podcast ou même du jeu vidéo. Ils commencent à comprendre qu’un jeu comme WoW doit évoluer. »
Good Night, and Good Luck
ais il ne faut pas croire que cette passion est de tout repos. Entre la préparation d’un conducteur d’émission, l’enregistrement et le montage, une telle émission demande beaucoup de temps et d’énergie. Patrick avoue « En nombre d’heures, pour le premier épisode, j’ai bien passé 15 heures, peut-être plus. Aujourd’hui, le montage me prend environ 8 heures ».
Des conseils aux débutants ?
Patrick : « Le meilleur conseil que je pourrais donner serait de ne pas sous-estimer le temps qu’il faut y consacrer. Il faut être clair sur le format choisi. Si tu choisis un hebdo, il faut faire une émission plus simple. Le podcast demande beaucoup d’investissement : du temps, de l’argent et des efforts. Il faut bien te dire que cela ne va pas te rapporter grand-chose. Il faut aimer ça, être sûr de pouvoir s’y consacrer, mais n’importe qui peut se lancer dans l’aventure. Aujourd’hui, la mécanique du podcast fonctionne parfaitement bien.»
Daniel : « Il faut avoir des objectifs réalistes. »
Mais c’est aussi un travail d’équipe. « Je fais tout. Lui, il arrive, il parle et il s’en va (rires) », s’amuse Patrick. « Plus sérieusement, je prépare une trame de l’émission, je l’envoie à Danny qui complète et propose de nouveaux sujets. On commence notre brainstorming 1 semaine ou 10 jours avant l’émission. Une fois le script prêt – on s’intéresse aux news et grands sujets des sites de fans et des forums pour préparer nos sujets – on se retrouve pour l’enregistrement. On enregistre généralement le double de ce qui sort à l’antenne. »
Pump up the volume
e qui me plaît », nous explique Patrick, « c’est que c’est un projet que je peux contrôler de A à Z, à tous les niveaux de la prod – préparation, animation, montage, etc. Et à la fin, on présente un produit fini. Les vidéos, c’est bien, mais il est difficile de les réaliser tout seul. À mon avis, le podcast audio donne plus de liberté, plus de créativité. »
Mais si un podcast audio offre une plus grande liberté, son succès est toujours lié au nombre d’auditeurs et/ou de téléchargement. De ce côté-là, azeroth.fr casse la baraque : plus de 10 000 téléchargements en moins d’un mois pour un épisode, le premier ayant dépassé les 30 000. Des chiffres impressionnants qui n’empêchent pas Patrick et Daniel de garder la tête froide et de toujours garder en tête leur objectif. « Le meilleur compliment qu’on m’ait fait ? Humm…J’ai téléchargé le truc pour l’écouter cinq minutes et je suis arrivé au bout d’une heure en me disant : mince ! C’est déjà fini. »
Nous espérons que vous avez apprécié cette visite guidée des coulisses de ce podcast dédié à Wold of Warcraft.